# Cuisine sans hotte : solutions et astuces d’aménagement

L’aménagement d’une cuisine sans hotte aspirante soulève de nombreuses questions pratiques et réglementaires pour les propriétaires et locataires. Cette situation, qu’elle résulte d’une contrainte technique, d’un choix esthétique ou d’une impossibilité d’installation, concerne un nombre croissant de foyers français. Entre obligations légales, systèmes alternatifs et gestion quotidienne des vapeurs de cuisson, il existe aujourd’hui des solutions concrètes pour maintenir une qualité d’air acceptable dans votre espace culinaire. Les innovations technologiques récentes offrent désormais des alternatives performantes aux hottes traditionnelles, permettant de concilier confort, santé et design contemporain.

Réglementation et obligations légales pour une cuisine sans extracteur d’air

La ventilation des cuisines en France répond à un cadre réglementaire précis qui protège la santé des occupants. Contrairement aux idées reçues, l’installation d’une hotte aspirante n’est pas systématiquement obligatoire dans tous les logements, mais certaines normes de ventilation générale doivent impérativement être respectées. Cette distinction entre ventilation générale et extraction localisée constitue le fondement juridique qui permet d’envisager une cuisine sans hotte traditionnelle.

Arrêté du 31 janvier 1986 et normes DTU 68.3 pour la ventilation domestique

L’arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation établit les exigences minimales en matière de ventilation. Ce texte impose un débit minimal d’air neuf de 45 m³/h pour les cuisines équipées d’un appareil de cuisson au gaz, et de 30 m³/h pour les cuisines électriques. La norme DTU 68.3 précise quant à elle les règles techniques d’installation des systèmes de ventilation mécanique contrôlée. Ces documents réglementaires privilégient la ventilation générale permanente plutôt que l’extraction ponctuelle par hotte. Selon les statistiques de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, environ 23% des logements français présentent des défauts de ventilation pouvant entraîner des problèmes de condensation et de moisissures.

Dérogations possibles selon le code de la construction et de l’habitation

Le Code de la construction et de l’habitation prévoit des dispositions spécifiques permettant d’adapter les exigences de ventilation aux contraintes architecturales. L’article R111-9 stipule que les logements doivent comporter un dispositif d’aération permanent, sans nécessairement imposer une hotte aspirante au-dessus des plaques de cuisson. Dans les bâtiments anciens ou en copropriété, il arrive fréquemment que l’installation d’une évacuation extérieure soit techniquement impossible ou interdite par le règlement de copropriété. Ces situations ouvrent la voie à des solutions alternatives conformes, comme les systèmes de ventilation naturelle assistée ou les hottes à recirculation certifiées.

Responsabilité du bailleur et droits du locataire en copropriété

En location, le bailleur a l’obligation de fournir un logement décent disposant d’une aération suffisante, conformément à la loi du 6 juillet 1989. Cette obligation ne se traduit pas forcément par l’installation d’une hotte extractrice, mais par la présence d’un système de ventilation fonctionnel. Le locataire peut légitimement exiger la présence d’une VMC ou de

ou, à défaut, de grilles d’aération efficaces. En cas d’humidité persistante, de moisissures ou de condensation excessive dans une cuisine sans hotte, la responsabilité du bailleur peut être engagée pour manquement à son obligation de délivrer un logement salubre. En copropriété, le locataire ne peut pas percer librement une évacuation de hotte en façade ou en toiture : toute modification de l’aspect extérieur de l’immeuble doit être autorisée par le syndicat des copropriétaires. Il est donc essentiel de vérifier le règlement de copropriété et, si besoin, de privilégier des solutions de ventilation interne comme la VMC ou les hottes à recirculation.

Assurance habitation et risques liés à l’absence de VMC

L’absence de VMC ou de dispositif de ventilation conforme peut avoir des conséquences en matière d’assurance habitation. En cas de sinistre lié à un dégât des eaux, à un départ de feu dans la cuisine ou à des dommages structurels dus à l’humidité, l’assureur peut chercher à vérifier si le logement respecte les normes minimales de ventilation. Si un expert constate que l’aération est insuffisante ou obstruée, certaines garanties peuvent être réduites ou contestées. À l’inverse, le fait de documenter l’installation d’un système de ventilation performant, même sans hotte, renforce votre dossier en cas de litige.

Dans les logements équipés d’appareils à gaz, la vigilance doit être encore plus grande. Une mauvaise évacuation des fumées de combustion peut entraîner des risques d’intoxication au monoxyde de carbone, gaz inodore et potentiellement mortel. Depuis 2022, plusieurs compagnies recommandent fortement, voire exigent, la présence d’un détecteur de monoxyde de carbone dans les pièces où se trouvent des appareils à gaz. Même si la hotte de cuisine n’est pas obligatoire, la conformité globale du système de ventilation (VMC, entrées d’air, conduits gaz) reste un critère déterminant pour votre sécurité et pour la reconnaissance de vos garanties d’assurance.

Systèmes de ventilation alternatifs à la hotte aspirante traditionnelle

Aménager une cuisine sans hotte aspirante ne signifie pas renoncer à une bonne qualité d’air. Il s’agit plutôt de repenser la ventilation en combinant plusieurs solutions complémentaires. VMC, grilles d’aération, extracteurs ponctuels ou purificateurs d’air peuvent jouer un rôle clé pour limiter les graisses en suspension, les odeurs de cuisson et l’humidité. Comment choisir le bon dispositif en fonction de la configuration de votre logement et de vos habitudes culinaires ?

VMC simple flux hygroréglable comme substitut d’extraction

La VMC simple flux hygroréglable constitue souvent la base d’une cuisine sans hotte. Ce système adapte automatiquement le débit d’extraction en fonction du taux d’humidité mesuré dans la pièce. En pratique, plus vous cuisinez et générez de vapeur, plus la VMC augmente son aspiration, puis revient à un régime réduit une fois l’air revenu à un niveau d’humidité normal. Cette modulation permet d’assurer un renouvellement d’air continu sans bruit excessif ni surconsommation électrique.

Dans une cuisine ouverte sur salon, une VMC hygroréglable bien dimensionnée peut suffire à limiter la condensation sur les vitrages et les plafonds, à condition que les entrées d’air dans les pièces sèches (séjour, chambres) ne soient pas obstruées. Il est recommandé de faire vérifier régulièrement les bouches d’extraction, qui s’encrassent rapidement avec les graisses, surtout en l’absence de hotte de cuisine. Un entretien annuel (voire semestriel en usage intensif) permet de conserver un débit adapté et de respecter les exigences du DTU 68.3.

Grilles d’aération haute et basse pour ventilation naturelle traversante

Dans les logements anciens ou les cuisines sans VMC, la ventilation naturelle reste une alternative intéressante. Elle repose sur des grilles d’aération positionnées en partie basse et en partie haute de la pièce, qui créent un tirage naturel entre l’air froid entrant et l’air chaud chargé de vapeur qui s’échappe. Bien dimensionnées et correctement placées, ces grilles permettent une ventilation permanente, sans moteur ni consommation électrique, idéale lorsqu’il est impossible d’installer une hotte avec évacuation extérieure.

Pour que cette ventilation traverse réellement la cuisine, il est indispensable de ne pas boucher les grilles, même en hiver, et d’assurer une circulation d’air entre les différentes pièces du logement. Vous pouvez par exemple laisser un léger jour sous les portes ou installer des aérateurs de porte. Pensez aussi à placer la zone de cuisson à proximité de la grille haute lorsque c’est possible : les fumées chaudes auront naturellement tendance à se diriger vers ce point de sortie, ce qui améliore le confort en l’absence de hotte aspirante.

Extracteurs d’air ponctuels à conduit court et débit ajustable

Les extracteurs d’air ponctuels, parfois appelés « aérateurs » ou « ventilateurs d’extraction », constituent une solution intermédiaire entre la hotte et la simple grille passive. Installés en façade ou sur un conduit court, ils se déclenchent à la demande ou en fonction de l’hygrométrie, pour extraire rapidement l’air vicié de la cuisine. Leur débit, souvent compris entre 60 et 200 m³/h, doit être choisi en fonction de la surface et du volume de la pièce, ainsi que de la fréquence de cuisson.

L’avantage de ces extracteurs est leur souplesse d’utilisation : vous pouvez les associer à un interrupteur, un détecteur de présence ou un capteur d’humidité. Ils sont particulièrement utiles dans les petites cuisines fermées ou dans les studios, où les odeurs se concentrent vite. En revanche, ils ne captent pas les graisses au plus près de la source comme une hotte, ce qui implique de renforcer l’entretien des murs et des meubles. Ils doivent également être raccordés à un conduit indépendant, sans partage avec celui d’une VMC collective, pour rester conformes à la réglementation.

Purificateurs d’air HEPA avec filtration au charbon actif pour graisses

Les purificateurs d’air domestiques, longtemps réservés aux personnes allergiques, trouvent aujourd’hui leur place dans les cuisines sans hotte. Les modèles équipés de filtres HEPA (capables de retenir les particules fines) associés à un filtre au charbon actif peuvent limiter la concentration de particules de fumée et atténuer les odeurs de cuisson. Ils fonctionnent en recirculation : l’air de la pièce est aspiré, filtré, puis rejeté, sans besoin de conduit d’évacuation.

Pour qu’un purificateur soit réellement utile en cuisine, il doit proposer un débit d’air horaire adapté (CADR suffisant) et une couche de charbon actif suffisamment épaisse pour piéger les molécules odorantes. Placez-le à proximité de la zone de cuisson, sans l’exposer directement aux projections, et faites-le fonctionner pendant et après la préparation des repas. Gardez cependant à l’esprit qu’il ne remplace ni une ventilation générale (VMC, grilles) ni un nettoyage régulier : c’est un complément, particulièrement pertinent dans les cuisines ouvertes où l’on souhaite préserver la qualité de l’air du salon.

Hottes à recirculation et filtration sans évacuation extérieure

Lorsque la création d’un conduit vers l’extérieur est impossible, la hotte à recirculation devient une option clé. Elle ne rejette pas l’air dehors, mais le fait passer à travers des filtres à graisses et à charbon actif avant de le renvoyer dans la pièce. Bien choisie et bien entretenue, une hotte recyclage peut améliorer nettement le confort d’une cuisine sans évacuation, même si son efficacité reste inférieure à celle d’une hotte à extraction directe. Comment optimiser ce compromis ?

Filtres métalliques anti-graisses à cassette et leur entretien mensuel

Le premier rôle d’une hotte à recirculation est de capturer les graisses en suspension. Pour cela, elle utilise des filtres métalliques à cassette, généralement en aluminium ou en inox, placés juste au-dessus de la zone d’aspiration. Ces grilles retiennent les particules grasses, évitant qu’elles ne se déposent sur le moteur de la hotte et sur les parois de la cuisine. Plus ces filtres sont propres, plus le flux d’air reste performant et silencieux.

Dans une cuisine sans hotte à extraction extérieure, il est recommandé de nettoyer ces filtres au moins une fois par mois, voire toutes les deux semaines si vous cuisinez souvent des aliments gras ou si vous faites fréquemment des fritures. La plupart passent au lave-vaisselle, avec un programme intensif, mais vous pouvez aussi les dégraisser à la main avec de l’eau chaude et un détergent adapté. Un filtre encrassé agit comme un « bouchon » : il réduit fortement le débit et augmente la consommation électrique, tout en laissant davantage de graisses s’échapper dans la pièce.

Cartouches à charbon actif pour neutralisation des odeurs de cuisson

Au-delà des graisses, la grande spécificité des hottes à recirculation réside dans leurs filtres à charbon actif. Ces cartouches, parfois rondes, parfois rectangulaires, sont composées de granulés ou de mousse de charbon qui adsorbent les molécules responsables des mauvaises odeurs. Elles sont indispensables dans une cuisine sans conduit extérieur, car ce sont elles qui empêchent les effluves persistants de poêlées, de poisson ou d’épices de stagner dans l’air ambiant.

La contrepartie de cette efficacité est leur durée de vie limitée. Selon les fabricants, un filtre à charbon doit être remplacé tous les 2 à 4 mois pour un usage quotidien, ou régénéré lorsqu’il s’agit de modèles céramiques prévus à cet effet. Si vous remarquez que les odeurs persistent malgré le fonctionnement de la hotte, c’est souvent le signe que la cartouche est saturée. N’attendez pas ce stade pour la changer : mieux vaut intégrer ce remplacement à votre calendrier d’entretien, comme vous le feriez pour un changement de cartouche de carafe filtrante.

Performance réelle des hottes recyclage comparée aux modèles à extraction

Peut-on vraiment compter sur une hotte à recirculation dans une cuisine sans hotte traditionnelle à extraction ? Les tests réalisés par divers organismes de consommateurs montrent que, pour un même modèle, la version avec évacuation extérieure reste plus efficace, notamment pour évacuer la vapeur d’eau. Une hotte recyclage ne supprime pas l’humidité, elle ne fait que filtrer une partie des graisses et des odeurs avant de renvoyer l’air dans la pièce. Il est donc indispensable de l’associer à une VMC ou à une aération naturelle performante pour éviter la condensation.

Cela ne signifie pas que les hottes à recirculation sont inutiles, loin de là. Elles améliorent sensiblement le confort olfactif, surtout si vous optez pour un modèle offrant un bon débit (au moins 10 fois le volume de la cuisine par heure en vitesse maximale) et un niveau sonore maîtrisé. Dans une cuisine ouverte, pensez à surdimensionner légèrement la puissance par rapport aux recommandations minimales : la fuite d’air vers le salon réduit l’efficacité de capture. Enfin, vérifiez la classe énergétique et les certifications de performance (par exemple selon la norme EN 61591) pour comparer objectivement les modèles.

Modèles bosch DWK série et elica nikola tesla avec efficacité certifiée

Parmi les hottes à recirculation les plus performantes du marché, certaines gammes se distinguent par leurs résultats en laboratoire et leurs retours utilisateurs. Les hottes murales Bosch de la série DWK, par exemple, combinent une aspiration périmétrale optimisée et des filtres à charbon de grande capacité. Leur conception inclinée facilite la capture des fumées tout en libérant de l’espace visuel au-dessus de la plaque de cuisson. Associées à un entretien rigoureux, elles constituent une solution fiable pour les cuisines sans possibilité d’évacuation extérieure.

Les tables de cuisson avec hotte intégrée, comme les modèles Elica NikolaTesla en mode recyclage, vont encore plus loin. En intégrant l’aspiration au centre de la plaque, au plus près des casseroles, elles limitent la dispersion des vapeurs avant même qu’elles ne montent vers le plafond. Les filtres à graisses métalliques et à charbon sont généralement surdimensionnés et facilement accessibles par le dessus. Certifiées selon des protocoles de tests européens, ces solutions hybrides représentent un compromis haut de gamme pour celles et ceux qui souhaitent une cuisine sans hotte visible mais avec un niveau de performance proche d’une installation professionnelle.

Aménagement spatial et choix de matériaux résistants à l’humidité

Au-delà des appareils, l’aménagement de la cuisine et le choix des matériaux jouent un rôle crucial dans la réussite d’une cuisine sans hotte. Une bonne implantation peut limiter naturellement la propagation des odeurs et faciliter l’aération, tandis que des revêtements adaptés résisteront mieux aux graisses et à la condensation. L’objectif ? Concevoir un espace qui reste sain, facile à nettoyer et esthétiquement agréable, même en l’absence d’extraction traditionnelle.

Positionnement de la plaque de cuisson près d’une fenêtre ou baie vitrée

Lorsque le plan de la cuisine le permet, placer la plaque de cuisson à proximité immédiate d’une fenêtre ou d’une baie vitrée est une stratégie très efficace. En ouvrant l’ouvrant pendant la cuisson, vous créez une évacuation directe des fumées et des odeurs vers l’extérieur, ce qui réduit fortement leur dispersion dans le reste du logement. Cette configuration est particulièrement intéressante dans une cuisine sans hotte aspirante murale, car elle compense en partie l’absence d’extraction mécanique.

Attention toutefois à ne pas installer la plaque trop près du dormant ou des poignées de fenêtre, pour éviter les risques de brûlure et les contraintes d’ouverture. Prévoyez également un retour de crédence ou un pare-vapeur sur le bas de la fenêtre si celle-ci est en bois ou en PVC sensible à la chaleur et aux projections. Enfin, pensez à la circulation d’air globale : ouvrir seulement la fenêtre peut ne pas suffire, une entrée d’air opposée (fenêtre du séjour, grille dans le couloir) facilitera l’évacuation par effet de tirage, comme une cheminée qui fonctionne bien.

Revêtements muraux en carrelage émaillé ou crédence en verre trempé

Dans une cuisine sans hotte, les murs à proximité de la plaque sont en première ligne face aux projections de graisses et à la vapeur. C’est pourquoi il est recommandé de privilégier des revêtements lisses, non poreux et faciles à lessiver. Le carrelage émaillé reste une valeur sûre : ses joints peuvent être traités avec des produits hydrofuges, et sa surface supporte sans problème les dégraissants ménagers. Une hauteur de crédence d’au moins 50 à 70 cm derrière la plaque limite considérablement les éclaboussures sur la peinture.

Les crédences en verre trempé, en inox ou en stratifié haute pression constituent également d’excellentes alternatives. Le verre, en particulier, offre une surface parfaitement lisse qui ne retient pas la graisse et se nettoie d’un simple coup de chiffon microfibre. Dans une démarche plus design, vous pouvez prolonger ce type de revêtement sur tout le mur de la zone de cuisson, ce qui crée une barrière continue contre la condensation. Dans tous les cas, évitez les matériaux poreux ou texturés (enduits bruts, pierres non traitées) à proximité des plaques : ils se saturent rapidement de graisses et sont très difficiles à récupérer.

Peintures glycérophtaliques et résines époxy anti-condensation

Pour les zones non couvertes par une crédence, le choix de la peinture a un impact direct sur la durabilité de votre aménagement. Les peintures glycérophtaliques ou acryliques spéciales « pièces humides » offrent une meilleure résistance à la vapeur et aux projections que les peintures murales standard. Elles forment un film plus serré, lessivable, qui supporte des nettoyages fréquents sans s’écailler. Dans une cuisine sans hotte, où la fréquence de lessivage est plus élevée, cet atout est déterminant.

Pour les projets de rénovation haut de gamme, les résines époxy ou polyuréthane murales représentent une solution encore plus robuste. Elles créent une surface quasi « carrelée » sans joints, très résistante à l’humidité et aux graisses, comparable au revêtement d’une salle de bains. Certaines formulations intègrent des propriétés anti-condensation ou fongicides, limitant l’apparition de moisissures dans les angles et les zones peu ventilées. C’est un peu comme offrir un manteau imperméable à vos murs : même si la pluie (la vapeur) tombe souvent, ils restent protégés sur la durée.

Équipements de cuisson à faibles émissions et technologies adaptées

Limiter à la source la production de fumées, de graisses et de vapeur est une autre façon d’optimiser une cuisine sans hotte. Le type d’appareil de cuisson, ses réglages et sa technologie influencent fortement la quantité de polluants émis dans l’air intérieur. En choisissant des équipements plus « propres » et en adaptant vos habitudes culinaires, vous réduisez la pression sur les systèmes de ventilation et simplifiez l’entretien quotidien.

Plaques à induction et leur réduction des fumées par rapport au gaz

Les plaques à induction sont particulièrement recommandées dans une cuisine sans hotte aspirante. Contrairement aux plaques au gaz, elles ne produisent pas de combustion directe dans la pièce et ne génèrent donc ni dioxyde d’azote, ni monoxyde de carbone, ni particules issues de la flamme. La chaleur étant transmise directement au fond du récipient par champ magnétique, les pertes dans l’air ambiant sont réduites, ce qui limite les brûlures de résidus alimentaires et, par conséquent, les fumées.

En pratique, cela se traduit par un air moins chargé en odeurs de brûlé et par un dépôt de suie nettement moindre sur les meubles et plafonds. De plus, la régulation très fine de la température sur une plaque à induction évite les surchauffes involontaires qui carbonisent les huiles ou les sauces. Couplée à des couvercles adaptés et à une cuisson plus douce, cette technologie devient une alliée précieuse pour conserver une bonne qualité d’air sans hotte, tout en maîtrisant votre consommation d’énergie.

Tables de cuisson avec aspiration intégrée type bora classic ou elica NikolaTesla

Les tables de cuisson avec aspiration intégrée représentent aujourd’hui l’une des réponses les plus innovantes aux contraintes des cuisines sans hotte murale. Des marques comme Bora ou Elica, avec la gamme NikolaTesla, proposent des plaques induction dotées d’une aspiration centrale ou latérale, qui capte les vapeurs au niveau du plan de travail. Le principe est simple : au lieu de laisser monter la fumée, on la « coupe » à la source, un peu comme on attrape une goutte d’eau avant qu’elle ne coule le long du verre.

Ces systèmes existent en version à évacuation extérieure ou en recirculation, avec des filtres à graisses et à charbon de grande capacité. Leur efficacité est souvent supérieure à celle des hottes classiques mal positionnées, notamment pour les cuissons à feu moyen. En revanche, ils demandent une bonne préparation du projet (profondeur de meuble, gestion de l’espace sous le plan de travail) et représentent un investissement significatif. Dans une cuisine design où l’on souhaite conserver un plafond dégagé, ils constituent toutefois une solution de référence pour concilier esthétique et performance d’aspiration.

Fours à catalyse et pyrolyse pour limitation des odeurs résiduelles

On pense souvent à la hotte pour gérer les odeurs de cuisson, mais le four joue lui aussi un rôle majeur dans la perception olfactive de la cuisine. Les fours à catalyse et, surtout, à pyrolyse sont conçus pour brûler ou décomposer les graisses résiduelles qui tapissent les parois après la cuisson. En lançant régulièrement un cycle adapté, vous réduisez l’accumulation de dépôts qui, à chaque préchauffage, se remettent à fumer et à dégager des odeurs désagréables.

Dans une cuisine sans hotte de cuisine performante, l’entretien du four devient donc un levier important pour limiter les nuisances olfactives à moyen terme. Un four encrassé agit un peu comme une vieille cheminée : à chaque flambée, il « relargue » l’histoire des cuissons passées. À l’inverse, un four propre, doté d’une bonne étanchéité de porte et d’une ventilation interne maîtrisée, minimisera les émissions de graisses et de fumées dans la pièce. Pensez à aérer généreusement pendant les cycles de pyrolyse, qui montent très haut en température et peuvent, ponctuellement, dégager une odeur de chaud.

Gestion quotidienne des odeurs et de la condensation sans système d’extraction

Même avec de bons équipements et un aménagement réfléchi, la réussite d’une cuisine sans hotte repose en grande partie sur vos gestes du quotidien. Une ventilation régulière, un contrôle de l’humidité et un nettoyage préventif permettent de garder un air sain et des surfaces propres, sans effort disproportionné. Il s’agit d’instaurer quelques réflexes simples, mais constants, dans votre routine de préparation des repas.

Protocole d’aération croisée avant, pendant et après la cuisson

L’aération croisée est l’un des moyens les plus efficaces et les plus économiques pour renouveler l’air intérieur. Dans une cuisine sans hotte aspirante, il est pertinent d’adopter un véritable « protocole » d’ouverture des fenêtres. Avant de commencer à cuisiner, ouvrez une fenêtre dans la cuisine et une autre à l’opposé du logement (salon ou chambre) pendant quelques minutes pour créer un courant d’air. Cette mise en mouvement initiale facilite l’évacuation rapide des premières vapeurs.

Pendant la cuisson, maintenez au moins une ouverture partielle, en particulier lors des cuissons générant beaucoup de vapeur (pâtes, riz, soupes) ou de fumée (grillades, poêlées à feu vif). Après avoir éteint les plaques, prolongez l’aération 10 à 15 minutes, même en hiver : mieux vaut une pièce qui refroidit un peu qu’une humidité qui s’infiltre dans les murs. Cette aération « par à-coups », mais régulière, agit comme une grande respiration pour votre logement, chassant les polluants accumulés.

Absorbeurs d’humidité à gel de silice et déshumidificateurs électriques

Dans certaines configurations (petites cuisines intérieures, rez-de-chaussée humides, logements mal isolés), la seule aération ne suffit pas toujours à maîtriser la condensation. C’est là que les absorbeurs d’humidité et les déshumidificateurs électriques peuvent compléter utilement votre dispositif. Les absorbeurs passifs, souvent à base de gel de silice ou de chlorure de calcium, captent l’eau présente dans l’air et la stockent dans un réservoir. Ils sont économiques et discrets, mais leur capacité reste limitée et nécessite un remplacement régulier des recharges.

Les déshumidificateurs électriques, quant à eux, aspirent l’air ambiant, le refroidissent pour en condenser l’humidité, puis rejettent un air asséché. Ils sont particulièrement efficaces pour ramener rapidement le taux d’hygrométrie à un niveau confortable (autour de 50-60 %). Dans une cuisine sans hotte, vous pouvez les utiliser ponctuellement après les grandes sessions de cuisson (batch cooking, repas de fête) ou de façon plus régulière si vous constatez des traces d’eau récurrentes sur les vitrages et les murs. Veillez toutefois à choisir un modèle adapté au volume de la pièce et à vider régulièrement le réservoir d’eau.

Nettoyage préventif des surfaces et traitement anti-moisissures périodique

Enfin, la gestion d’une cuisine sans hotte repose sur un entretien préventif des surfaces. Un essuyage régulier des plans de travail, des façades de meubles et des crédences après les cuissons limite l’accumulation de graisses collantes, plus difficiles à retirer une fois installées. Un nettoyage hebdomadaire des plafonds proches de la zone de cuisson et des dessus d’armoires (ou la pose de protections amovibles, type feuilles plastifiées ou papier journal) permet également d’éviter que les dépôts ne s’incrustent.

Sur les zones sensibles à l’humidité, comme les angles de murs, les joints de carrelage ou les pourtours de fenêtres, un traitement anti-moisissures périodique peut s’avérer utile. Des produits spécifiques, parfois à base d’eau de Javel stabilisée ou de fongicides doux, permettent de stopper la prolifération des champignons dès les premiers signes (taches noires, odeurs de renfermé). Combinés à une ventilation régulière, ces gestes d’entretien transforment la cuisine sans hotte en espace durablement sain. Vous conservez ainsi les avantages esthétiques d’une cuisine épurée, sans sacrifier votre confort ni la qualité de l’air intérieur.