# Parquet dans la cuisine : avis et recommandations d’entretien
Le parquet dans la cuisine représente un choix esthétique de plus en plus prisé, mais qui soulève de nombreuses interrogations techniques. Entre la recherche d’une ambiance chaleureuse et les contraintes pratiques liées à l’humidité, aux éclaboussures et au passage intensif, ce revêtement noble nécessite une réflexion approfondie avant installation. Les avancées technologiques récentes en matière de traitements et de finitions ont considérablement amélioré la compatibilité du bois avec les environnements humides, rendant ce projet désormais viable pour qui respecte certaines règles essentielles. La question n’est plus de savoir si c’est possible, mais comment procéder intelligemment pour garantir durabilité et facilité d’entretien au quotidien.
Compatibilité du parquet massif et contrecollé en milieu humide
La compréhension des caractéristiques techniques des différents types de parquet constitue le fondement d’un choix éclairé pour une cuisine. Le parquet massif, composé d’une seule pièce de bois sur toute son épaisseur, offre une authenticité incomparable et une longévité exceptionnelle pouvant atteindre plusieurs décennies. Toutefois, sa sensibilité aux variations hygrométriques le rend plus complexe à gérer dans un environnement soumis à l’humidité constante. Le bois massif peut se dilater jusqu’à 0,2% de sa largeur pour chaque augmentation de 1% du taux d’humidité ambiante, créant ainsi des tensions structurelles si l’installation n’est pas optimale.
Le parquet contrecollé présente une structure multicouche particulièrement adaptée aux contraintes d’une cuisine moderne. Composé d’une couche d’usure en bois noble (généralement entre 2,5 et 6 mm) collée sur un support en contreplaqué ou en panneaux de fibres haute densité, ce type de revêtement offre une stabilité dimensionnelle nettement supérieure. Les études menées par les fabricants européens démontrent que le contrecollé réduit les mouvements du bois de 40 à 60% par rapport au massif, limitant ainsi les risques de déformation, de tuilage ou de création d’espaces entre les lames. Cette configuration technique permet également une pose sur plancher chauffant, option appréciable pour le confort dans une cuisine.
Essence de chêne : résistance hygrométrique et stabilité dimensionnelle
Le chêne européen demeure l’essence privilégiée pour un parquet de cuisine grâce à ses propriétés mécaniques exceptionnelles. Avec une densité moyenne de 720 kg/m³ et une dureté Brinell de 3,7, le chêne résiste remarquablement aux chocs et à l’usure quotidienne. Sa structure anatomique particulière, caractérisée par des rayons médullaires prononcés et une porosité modérée, lui confère une meilleure résistance aux variations d’humidité que des essences comme le hêtre ou l’érable. Les tests réalisés en laboratoire montrent que le chêne stabilise son taux d’humidité interne 30% plus rapidement que d’autres feuillus tempérés.
L’orientation des fibres et la qualité du débit influencent considérablement la stabilité du parquet en chêne. Un débit sur quartier, où les lames sont sciées perpendiculairement aux cernes d’accroissement, garantit une stabilité optimale avec des variations dimensionnelles minimales. Ce type de débit, bien que plus coûteux (environ 20 à 30% de surcoût), limite les risques de tuilage et assure une meilleure plan
éité de surface, même en présence de variations hygrométriques importantes. Pour une cuisine, on privilégiera donc un parquet en chêne contrecollé avec parement de 3,5 à 4 mm en débit sur quartier ou faux-quartier, posé dans de bonnes conditions climatiques (entre 45 et 65% d’humidité relative) pour limiter au maximum les mouvements naturels du bois.
Teck et bambou densifié : alternatives exotiques pour zones d’eau
Lorsque la cuisine présente de fortes sollicitations en eau (évier sous fenêtre, lave-vaisselle encastré, îlot avec point d’eau), des essences plus naturellement imputrescibles que le chêne peuvent être envisagées. Le teck, grâce à sa forte teneur en huiles et en tanins, affiche une remarquable résistance aux projections et aux infiltrations, d’où son usage massif en milieu nautique et en salle de bains. Sa densité comprise entre 650 et 750 kg/m³ lui confère par ailleurs une très bonne tenue mécanique, même en pose sur support chauffant.
Le bambou densifié constitue une autre option intéressante pour un parquet de cuisine soumis à un trafic intense. Issu de fibres de bambou compressées à haute pression, il atteint des densités supérieures à 1 000 kg/m³, ce qui le rend plus dur que la plupart des feuillus européens. Ce matériau technique réagit peu aux changements d’humidité et se montre particulièrement stable dimensionnellement, à condition de choisir un produit certifié et adapté aux locaux humides. On veillera cependant à sélectionner des fabricants disposant de labels environnementaux crédibles, le bambou étant parfois associé à des colles ou traitements peu vertueux.
Dans les deux cas, teck comme bambou densifié, la clé reste l’association d’une essence naturellement durable avec une finition performante et une mise en œuvre soignée. Utiliser ces matériaux sans traitement approprié reviendrait à installer un parquet en cuisine sans respecter les règles de base de protection contre l’eau. Il est donc recommandé de combiner ces essences exotiques avec une finition huilée haute performance ou un vernis polyuréthane bicomposant spécifiquement formulé pour les zones d’eau.
Traitement hydrofuge et finition huilée vs vernie
La question de la finition est centrale lorsque l’on parle de parquet dans la cuisine. Avant même l’application d’huile ou de vernis, certains fabricants appliquent en usine des traitements hydrofuges qui pénètrent dans les fibres du bois et réduisent son pouvoir absorbant. Ces traitements, à base de résines ou de siloxanes, permettent de limiter la pénétration de l’eau en cas de projection accidentelle et de laisser au bois le temps de « respirer » sans se déformer. Ils constituent une première barrière, mais ne se substituent pas à une vraie finition de surface.
La finition huilée, plébiscitée par les amateurs d’aspect naturel, imprègne le bois en profondeur et le protège sans créer de film en surface. Des produits comme les huiles dures monocouches présentent une excellente résistance aux taches et facilitent les réparations localisées : en cas de rayure ou de tache tenace, vous pouvez poncer légèrement la zone concernée, réappliquer l’huile et retrouver un aspect homogène sans reprendre tout le parquet. En contrepartie, une cuisine parquet huilé nécessitera un entretien régulier avec savon spécifique et ré-huilage périodique des zones les plus sollicitées.
La finition vernie (ou vitrifiée) forme au contraire un film continu à la surface du bois, comparable à un bouclier transparent. Les vernis polyuréthane bicomposants, classés « trafic intense », offrent une excellente protection contre l’eau, la graisse et les agents tachants, ce qui en fait un choix pertinent pour une cuisine fréquemment utilisée. Leur principal inconvénient réside dans la difficulté de réparation ponctuelle : un impact ou une rayure profonde imposent souvent de poncer et revernir une surface plus large pour éviter les différences de brillance. Le choix entre finition huilée ou vernie relève donc d’un arbitrage entre facilité de retouche locale et fréquence d’entretien global.
Dans la pratique, on peut retenir une règle simple : si vous recherchez avant tout la praticité et la résistance aux taches pour un usage familial intensif, un parquet verni de qualité professionnelle sera plus sécurisant. Si vous privilégiez le rendu très mat, le toucher chaud du bois et la possibilité de « réparer » vous-même de petites zones, l’huile dure reste une excellente option, à condition d’accepter un protocole d’entretien plus suivi.
Classe d’usage UPEC et norme NF EN 13756 pour locaux humides
Pour valider la compatibilité d’un parquet avec une cuisine, il ne suffit pas de se fier au simple descriptif commercial. En France, la classification UPEC établie par le CSTB évalue les performances des revêtements de sol selon quatre critères : U pour l’usure à la marche, P pour le poinçonnement, E pour le comportement à l’eau et C pour la résistance aux agents chimiques courants. Une cuisine familiale sera idéalement associée à un classement au minimum U2s P2 E1/2 C2, ce qui garantit une résistance suffisante aux sollicitations quotidiennes.
La norme NF EN 13756, quant à elle, définit les termes et caractéristiques propres aux revêtements de sol en bois, notamment en matière de réaction à l’humidité et de stabilité dimensionnelle. Elle sert de base aux déclarations de performance des fabricants sérieux et constitue un repère précieux pour comparer objectivement les produits. En consultant les fiches techniques, vérifiez que le parquet envisagé mentionne bien son classement UPEC (lorsqu’il existe) et qu’il est explicitement déclaré compatible avec les « locaux humides de type EB+ ou EB+ privatifs », catégorie dans laquelle se situent la plupart des cuisines résidentielles.
En pratique, comment utiliser ces informations ? Lors de l’achat, n’hésitez pas à demander au vendeur les documents techniques et certifications associées au parquet de cuisine qui vous intéresse. Un produit haut de gamme dépourvu de toute référence UPEC ou NF EN 13756 doit vous alerter. À l’inverse, un parquet contrecollé spécifiquement décrit comme adapté aux pièces humides, avec un classement E renforcé et des essais d’absorption d’eau documentés, offrira une sécurité supplémentaire. Ce cadre normatif, parfois jugé contraignant, joue en réalité le rôle de garde-fou pour éviter les mauvaises surprises à moyen terme.
Pose flottante avec sous-couche pare-vapeur renforcée
Au-delà du choix du matériau, la méthode de pose influence fortement la durée de vie d’un parquet dans la cuisine. Si la pose collée est souvent présentée comme la solution la plus classique pour les pièces d’eau, la pose flottante peut parfaitement convenir à condition d’être associée à une sous-couche pare-vapeur performante et à un système d’assemblage étanche. L’objectif ? Limiter les remontées d’humidité venant de la chape et empêcher l’eau de surface de s’infiltrer entre les lames. Une pose flottante bien maîtrisée permet en outre une éventuelle dépose et remplacement plus aisés en cas de dégât important.
Système de clips uniclic et PergoLoc pour assemblage étanche
Les systèmes d’assemblage par clic de type Uniclic, PergoLoc ou équivalents ont considérablement simplifié la pose des parquets contrecollés et stratifiés. Dans le cadre d’une cuisine, leur intérêt ne se limite pas au gain de temps : ces profils de verrouillage appuient fermement les chants les uns contre les autres, réduisant les micro-jours dans lesquels l’eau pourrait s’infiltrer. Certains fabricants vont plus loin et associent au système clic un traitement hydrofuge des bords, voire un jointage spécifique, pour obtenir une véritable barrière à l’eau.
Concrètement, un parquet cuisine certifié comme « résistant à l’eau » sur 24 ou 48 heures s’appuie généralement sur ce type de technologie. Les lames sont conçues pour rester étanches entre elles pendant un temps déterminé en cas de liquide accidentellement répandu, à condition bien sûr que celui-ci soit essuyé rapidement. Pour vous, cela signifie moins de stress au quotidien : un verre d’eau renversé ou quelques éclaboussures devant l’évier n’entraîneront pas immédiatement de gonflement des chants. On veillera toutefois à suivre scrupuleusement les recommandations de pose du fabricant, notamment concernant l’usage éventuel de colles ou mastics spéciaux sur les jonctions.
Vous vous demandez si ces systèmes clic suffisent à « étanchéifier » totalement un parquet cuisine ? Il faut rester réaliste : aucune solution bois ne sera jamais aussi imperméable qu’un carrelage. En revanche, l’association d’un bon système de clipsage, d’un traitement hydrofuge des chants et d’un entretien attentif permet de réduire considérablement les risques d’infiltration et de déformation.
Film polyéthylène 200 microns et remontée périphérique en plinthe
La sous-couche pare-vapeur constitue la seconde ligne de défense de votre parquet dans une cuisine. Sur une chape béton ou un dallage en rez-de-chaussée, l’emploi d’un film polyéthylène d’au moins 200 microns d’épaisseur est vivement recommandé pour bloquer les remontées d’humidité par capillarité. Ce film est déroulé sur toute la surface, avec des recouvrements de 20 cm minimum entre lés, ensuite soigneusement scotchés pour garantir la continuité de la barrière.
Un point souvent négligé concerne la remontée périphérique du pare-vapeur. Plutôt que de couper le film au ras des murs, on le remonte sur les relevés en périphérie (5 à 10 cm) avant de le masquer ultérieurement par les plinthes. Ce détail, en apparence anodin, empêche l’humidité latérale de contourner la protection et de venir stagner au contact des rives du parquet. En présence d’une cuisine équipée, il est également judicieux de prolonger cette remontée derrière les meubles, là où les petites fuites ou condensations sont les moins visibles.
Certains fabricants proposent des sous-couches combinant isolation acoustique et fonction pare-vapeur intégrée. Dans ce cas, vérifiez les performances annoncées (valeur Sd, résistance à la compression) et assurez-vous que le produit est bien compatible avec votre type de parquet et, le cas échéant, avec un plancher chauffant. Le surcoût par rapport à une sous-couche basique reste modéré, alors que l’impact sur la pérennité du sol en milieu humide est considérable.
Joint silicone sanitaire au niveau des raccords mur-sol
Les points singuliers, comme la jonction parquet / mur ou parquet / mobilier de cuisine, sont des zones de fragilité majeures en présence d’eau. Au niveau du raccord mur-sol, l’usage d’un joint silicone sanitaire neutre, résistant aux moisissures, permet de limiter les infiltrations d’eau qui pourraient ruisseler le long du carrelage mural ou sous les plinthes. Ce joint ne remplace pas le joint de dilatation périphérique, mais le protège : on l’applique entre le mur et la plinthe, ou en surface au pied des éléments de cuisine, en veillant à ne pas bloquer la liberté de mouvement du parquet.
Dans les zones exposées, comme devant l’évier ou à la sortie du lave-vaisselle, ce cordon de silicone joue le rôle de « gouttière invisible » qui empêche l’eau de filer sous les meubles et d’atteindre les rives des lames. Il doit être appliqué sur un support propre, sec, et contrôlé régulièrement : un joint qui se décolle, qui se fissure ou qui noircit perd en efficacité et doit être repris. Mieux vaut consacrer quelques minutes par an à cette vérification que de laisser l’humidité s’installer insidieusement.
On veillera enfin à utiliser un silicone spécifiquement adapté aux environnements sanitaires, souvent formulé avec des agents fongicides. Outre la performance technique, cela réduit les risques d’apparition de moisissures inesthétiques dans une pièce où l’hygiène visuelle compte autant que la propreté réelle.
Éviter la pose collée directe sur chape béton non isolée
Si la pose collée est parfois présentée comme la solution idéale en cuisine, elle devient problématique lorsqu’elle est réalisée directement sur une chape béton non isolée ou insuffisamment sèche. Le béton, matériau poreux, peut restituer son humidité pendant plusieurs mois, voire plusieurs années en présence de remontées capillaires. Coller un parquet directement sur ce support revient alors à emprisonner l’eau sous les lames, favorisant gonflements, décollements et développement de moisissures.
Avant toute pose collée en cuisine, il est indispensable de mesurer le taux d’humidité résiduelle de la chape (méthode à la bombe à carbure ou hygromètre professionnel) et de respecter les valeurs préconisées par le fabricant du parquet, généralement inférieures à 2 ou 3% CM. En cas de doute, la mise en œuvre d’une barrière anti-remontée, de type résine époxy ou polyuréthane, constitue un investissement raisonnable au regard des dégâts potentiels. À défaut, une solution en pose flottante avec pare-vapeur, comme évoqué plus haut, sera souvent plus tolérante.
En résumé, mieux vaut éviter la pose collée directe sur une chape dont on ne maîtrise ni l’historique ni le taux d’humidité. Beaucoup de sinistres de parquet en cuisine trouvent leur origine dans cette négligence initiale. Prendre le temps de diagnostiquer le support et de choisir le système de pose adapté reste la meilleure assurance pour profiter durablement de son parquet de cuisine.
Entretien quotidien avec produits ph neutre sans rinçage
Une fois le parquet installé, la durabilité en cuisine dépendra en grande partie de vos habitudes d’entretien. Contrairement au carrelage, le bois n’apprécie ni les grandes quantités d’eau, ni les détergents agressifs. L’entretien courant repose donc sur un nettoyage à sec fréquent (aspirateur avec brosse parquet ou balai microfibre) complété par un lavage humide modéré avec un produit pH neutre, spécialement formulé pour les sols en bois et ne nécessitant pas de rinçage.
Ces nettoyants pour parquet cuisine se présentent souvent sous forme de concentré à diluer. Ils contiennent des agents tensioactifs doux qui éliminent les graisses et les salissures sans attaquer la finition. Une serpillière bien essorée suffit : la règle d’or consiste à ne jamais laisser de flaques d’eau sur le sol. Si vous voyez de l’eau briller en surface plusieurs minutes après votre passage, c’est que la quantité utilisée est excessive. En cas de taches localisées (vin, café, sauce), il est préférable d’agir rapidement avec un chiffon légèrement humide plutôt que de retarder le nettoyage.
Vous craignez que ce type de nettoyage soit insuffisant dans une cuisine très utilisée ? En réalité, la fréquence prime sur l’intensité : un balayage quotidien ou quasi quotidien, complété par un lavage à peine humide une à deux fois par semaine, suffira dans la plupart des foyers. Les produits multi-usages, décapants ou contenant de l’ammoniaque sont à proscrire, car ils altèrent progressivement la finition, ouvrent les pores du bois et le rendent plus sensible aux taches. Mieux vaut investir dans un bon nettoyant neutre, éventuellement recommandé par le fabricant de votre parquet ou de votre huile/vernis.
Traitement préventif : huile dure rubio monocoat et cire blanchon
Pour renforcer la résistance d’un parquet de cuisine face à l’eau et aux graisses, un traitement préventif adapté est indispensable. Les huiles dures de dernière génération, comme les systèmes monocouches, offrent une excellente protection en pénétrant le bois et en créant une liaison moléculaire avec les fibres. Leur avantage majeur réside dans le fait qu’une seule couche correctement appliquée suffit à saturer la surface, limitant ainsi les surépaisseurs et le besoin de ponçage entre couches.
Dans une cuisine, ce type d’huile doit être complété par un entretien adapté : utilisation de savons compatibles qui nourrissent légèrement la surface à chaque lavage et, si nécessaire, application ponctuelle d’une huile d’entretien sur les zones les plus sollicitées (devant l’évier, le plan de travail ou le frigo). Cette approche préventive évite que le bois ne se dessèche, se tache ou devienne trop poreux. En cas de micro-rayures, un léger égrenage suivi d’une réapplication locale permet de restaurer l’aspect d’origine sans reprise généralisée.
Les cires en émulsion ou produits de type « métallisant » proposés par des fabricants spécialisés constituent un autre outil intéressant pour un parquet cuisine, en particulier lorsqu’il est verni. Ces produits forment un film d’usure supplémentaire, sacrificiel, qui prend les rayures et l’abrasion à la place du vernis ou de l’huile. Appliqués une à deux fois par an, ils redonnent de la profondeur au bois, masquent les micro-défauts et prolongent significativement la durée de vie de la finition initiale. L’idée est de traiter votre sol comme un pare-brise protégé par un film : on préserve la couche dessous en renouvelant périodiquement la couche au-dessus.
Gestion des projections d’eau près évier et lave-vaisselle
Les zones situées autour de l’évier, du lave-vaisselle et parfois du réfrigérateur américain concentrent la majorité des risques pour un parquet de cuisine. C’est là que se produisent les éclaboussures répétées, les petites fuites et les débordements occasionnels. Plutôt que de chercher à rendre le bois totalement insensible à l’eau (objectif illusoire), l’idée est de limiter le contact direct, de réduire le temps de stagnation et de faciliter le séchage. Quelques aménagements simples permettent de sécuriser ces points sensibles sans renoncer à l’esthétique globale du parquet.
Installation de tapis absorbants en microfibre devant zone humide
Placer un tapis absorbant devant l’évier et la porte du lave-vaisselle fait partie des gestes de bon sens souvent sous-estimés. Les modèles en microfibre ou en textile technique sont capables de retenir une quantité d’eau impressionnante tout en séchant rapidement. Ils captent également les miettes et les petites salissures, réduisant d’autant la fréquence de nettoyage du parquet. Choisissez un tapis doté d’un revers antidérapant compatible avec les sols bois et suffisamment fin pour ne pas gêner l’ouverture des portes de meubles.
Outre la protection directe du parquet, ces tapis améliorent aussi le confort de l’utilisateur, en offrant une surface plus douce sous les pieds qu’un parquet brut, notamment lorsque l’on reste longtemps debout pour cuisiner. Pensez à les nettoyer ou à les laver en machine régulièrement pour éviter l’accumulation d’humidité et de saletés, qui pourrait finalement nuire au parquet si le tapis restait constamment humide. Un tapis très imbibé peut en effet agir comme une éponge au contact du bois, d’où l’importance de le laisser sécher complètement entre deux utilisations intensives.
Réparation localisée des lames gonflées par infiltration
Malgré toutes les précautions, il arrive qu’une infiltration ponctuelle provoque un léger gonflement ou un soulèvement de certaines lames, en particulier près des appareils électroménagers. Dans ce cas, la réactivité est déterminante : plus vous intervenez tôt, plus vous avez de chances de sauver le parquet sans gros travaux. Commencez par identifier la source de la fuite (joint défectueux, tuyau mal serré, trop-plein d’évier) et corrigez-la définitivement avant de vous attaquer au sol. Ensuite, laissez la zone sécher complètement, idéalement en augmentant la ventilation et, si besoin, en utilisant un déshumidificateur.
Si la déformation reste légère, le bois peut retrouver une partie de sa planéité en séchant. Les petites surépaisseurs résiduelles pourront parfois être reprises par un ponçage très localisé suivi d’une remise en finition (huile ou vernis). En cas de gonflement important ou de délaminage sur un parquet contrecollé, il faudra souvent déposer les lames concernées pour les remplacer. C’est notamment là que la pose flottante se révèle très pratique : une dépose ciblée sur quelques rangées reste envisageable sans refaire toute la cuisine. Garder en stock un paquet de lames supplémentaires lors de la pose initiale est donc une excellente précaution.
Détection précoce des joints qui noircissent par moisissure
Un signe avant-coureur souvent ignoré est le noircissement progressif des joints ou des chants de lames, en particulier dans les zones proches des points d’eau. Cette coloration, due à la combinaison d’humidité stagnante et de développement fongique, indique que l’eau s’infiltre de façon répétée sous la surface visible. Sur un parquet verni, cela se manifeste par de fines lignes sombres entre les lames ; sur un parquet huilé, le bois peut paraître plus mat, taché ou légèrement spongieux au toucher.
Dès l’apparition de ces signaux, il est conseillé d’inspecter attentivement les joints de silicone, les plinthes et les raccords avec les meubles de cuisine. Un joint sanitaire fissuré, une baguette de finition mal ajustée ou une légère pente du sol vers le mur peuvent favoriser la stagnation de l’eau. En nettoyant la zone, en assainissant les joints (éventuellement avec un produit fongicide doux adapté au bois) puis en rétablissant une protection efficace, vous éviterez que le problème ne s’étende à la structure du parquet. Comme souvent, le diagnostic visuel régulier et la vigilance restent vos meilleurs alliés.
Alternatives viables : carrelage effet bois grès cérame et vinyle SPC
Pour certains projets, malgré toutes les solutions techniques disponibles, le parquet véritable peut sembler trop contraignant en cuisine. C’est le cas, par exemple, des familles nombreuses, des locations à rotation fréquente ou des pièces exposées à des risques de fuite importants. Faut-il pour autant renoncer à l’esthétique chaleureuse du bois ? Heureusement, non. Les revêtements imitation parquet en grès cérame ou en vinyle rigide SPC (Stone Plastic Composite) offrent aujourd’hui des alternatives très crédibles, combinant aspect bois et résistance élevée à l’eau.
Le carrelage effet bois en grès cérame reproduit avec une grande finesse les veinages, nœuds et variations chromatiques du parquet, grâce à des techniques d’impression numérique et de moulage en relief. Totalement imperméable, insensible aux taches et compatible avec tous types de nettoyants ménagers, il constitue une solution idéale pour les cuisines intensives ou les pièces ouvertes sur l’extérieur. Le principal compromis concerne la sensation sous le pied : plus dur et plus froid qu’un parquet, le grès cérame pourra toutefois être tempéré par un chauffage au sol et quelques tapis bien placés.
Les lames vinyle SPC, de leur côté, associent un noyau rigide minéral à une couche décor bois haute définition et une couche d’usure résistante. Elles sont 100% étanches, très stables dimensionnellement et souvent dotées d’un système de pose clic proche de celui des parquets flottants. Leur confort acoustique et thermique se rapproche davantage de celui du bois que le carrelage, avec un toucher plus chaud et une légère souplesse à la marche. Dans une cuisine, ces sols vinyle imitation parquet résistent très bien aux éclaboussures, aux chocs d’objets tombés et aux nettoyages fréquents.
Enfin, il est tout à fait possible d’adopter une approche hybride : carrelage effet bois ou vinyle SPC dans la stricte zone de travail (devant les meubles de cuisine, l’évier, les plaques), et véritable parquet dans l’espace repas ou le séjour attenant. Une barre de jonction discrète ou un jeu de calepinage bien pensé permet d’assurer une transition harmonieuse entre les matériaux. Ainsi, vous profitez à la fois de la robustesse des revêtements étanches là où l’eau est omniprésente, et du charme du parquet dans les zones de vie plus sèches, sans multiplier les contraintes d’entretien.