# Quelle distance entre meuble haut et plan de travail respecter ?

L’aménagement d’une cuisine fonctionnelle repose sur une multitude de paramètres techniques, parmi lesquels la distance entre les meubles hauts et le plan de travail occupe une place stratégique. Cette dimension influence directement votre confort quotidien, votre efficacité en cuisine et même votre santé posturale. Trop rapprochés, les meubles hauts vous obligent à courber le dos ; trop éloignés, ils deviennent inaccessibles et perdent leur utilité. Au-delà de l’esthétique, cette mesure répond à des normes ergonomiques précises, élaborées pour garantir une utilisation optimale de votre espace culinaire. Chaque centimètre compte lorsqu’il s’agit de créer un environnement où cuisiner devient un véritable plaisir plutôt qu’une contrainte physique.

Normes ergonomiques et réglementations pour l’espace entre meubles hauts et plan de travail

Les normes françaises et européennes encadrent strictement l’aménagement des cuisines pour garantir sécurité et confort d’utilisation. Ces réglementations résultent d’études anthropométriques approfondies menées auprès de milliers d’utilisateurs, analysant leurs gestes, postures et besoins quotidiens. Comprendre ces normes vous permet d’éviter des erreurs coûteuses lors de votre projet d’aménagement et d’assurer une longévité maximale à votre installation.

Distance standard de 60 cm selon la norme NF EN 1116

La norme européenne NF EN 1116 établit une distance de référence de 60 centimètres entre le dessus du plan de travail et le bas des meubles hauts. Cette mesure représente un compromis optimal pour la majorité des utilisateurs mesurant entre 1,60 m et 1,80 m. Elle permet de manipuler aisément des appareils électroménagers de taille moyenne, comme un robot culinaire ou une cafetière, sans que votre champ de vision soit obstrué. Cette distance facilite également le nettoyage du plan de travail et évite les chocs répétés de la tête contre les meubles, source fréquente d’accidents domestiques. Les fabricants de cuisines standardisées respectent généralement cette dimension, ce qui explique pourquoi elle constitue la référence du marché depuis plusieurs décennies.

Adaptations requises pour les personnes à mobilité réduite (PMR)

L’accessibilité en cuisine pour les personnes à mobilité réduite nécessite des ajustements spécifiques. La réglementation française impose une hauteur de plan de travail comprise entre 75 et 85 cm pour permettre l’utilisation en position assise, ce qui modifie naturellement la distance avec les meubles hauts. Pour un fauteuil roulant standard, il est recommandé de positionner les meubles hauts à une hauteur maximale de 140 cm depuis le sol, avec une distance minimale de 55 centimètres par rapport au plan de travail. Cette configuration garantit que les rangements restent accessibles sans nécessiter d’efforts excessifs ou de mouvements dangereux. Les solutions modernes incluent également des systèmes de meubles hauts descendant électriquement à hauteur d’utilisation, offrant une autonomie complète aux personnes en situation de handicap.

Conformité aux DTU 59.3 pour l’aménagement des cuisines

Le Document Technique Unifié 59.3 encadre les travaux de revêtement de sol et de mise en œuvre des cuisines en France. Bien qu’il ne fixe pas une distance obligatoire précise entre meubles hauts et plan de travail, il impose des

obligations en matière de sécurité, de résistance des matériaux et de durabilité des fixations. Concrètement, cela implique de choisir des chevilles, vis et systèmes de suspension adaptés au poids des meubles hauts et à la nature du mur (placo, brique, béton). Une mauvaise fixation, même si la distance entre meuble haut et plan de travail est correcte, peut entraîner un arrachement du meuble en cas de surcharge. Respecter les prescriptions du DTU 59.3, c’est donc s’assurer que vos meubles hauts restent stables dans le temps, même lorsque les rangements sont largement sollicités.

Le DTU préconise également une attention particulière aux supports recevant la crédence et à la continuité des revêtements pour garantir une bonne étanchéité. En pratique, cela signifie que l’espace entre le plan de travail et les meubles hauts doit permettre la pose d’une crédence sur toute la hauteur utile, sans coupure ni zone non protégée. Une crédence correctement dimensionnée (souvent 50 à 60 cm de hauteur) protège le mur des projections d’eau et de graisse, prolongeant ainsi la durée de vie de votre cuisine tout en facilitant l’entretien quotidien.

Préconisations AFNOR pour l’accessibilité en cuisine résidentielle

Les recommandations AFNOR concernant l’accessibilité en cuisine résidentielle complètent le cadre normatif en se concentrant sur l’usage réel par les occupants. Elles insistent notamment sur la nécessité de positionner les zones de préhension des meubles hauts (poignées, boutons, systèmes push) entre 90 cm et 170 cm du sol. Cette plage de hauteur assure que la majorité des adultes puissent atteindre sans effort les rangements courants, tout en limitant les postures extrêmes. La distance entre le plan de travail et les meubles hauts doit donc être pensée non seulement en valeur absolue, mais aussi en fonction de la hauteur au sol du bas et du haut du meuble.

Dans une cuisine familiale ou intergénérationnelle, les préconisations AFNOR invitent à hiérarchiser les rangements en fonction de la fréquence d’utilisation. Les étagères basses des meubles hauts (juste au-dessus du plan de travail) sont réservées aux objets du quotidien, tandis que les niveaux supérieurs accueillent les ustensiles occasionnels. Vous bénéficiez ainsi d’un compromis entre distance ergonomique et capacité de stockage. En combinant ces recommandations avec la distance standard de 55 à 60 cm entre meuble haut et plan de travail, vous optimisez à la fois l’accessibilité, la sécurité et le confort d’utilisation.

Calcul de la hauteur optimale selon la taille des utilisateurs et l’anthropométrie

Si les normes définissent un cadre, la réalité de votre cuisine dépend surtout de votre morphologie et de vos habitudes. Deux personnes de tailles très différentes n’utiliseront pas l’espace de la même façon. C’est là qu’intervient l’anthropométrie, c’est-à-dire l’étude des dimensions du corps humain, qui permet d’affiner la distance idéale entre meuble haut et plan de travail. Plutôt que de se contenter d’un chiffre générique, on va s’appuyer sur des mesures simples pour adapter précisément la hauteur d’installation.

Méthode de calcul basée sur la hauteur du coude moins 15 cm

Une méthode couramment utilisée par les cuisinistes professionnels consiste à partir de la hauteur du coude plié à 90°, puis à soustraire environ 10 à 15 cm pour obtenir la hauteur du plan de travail. Cette approche assure que vos avant-bras reposent naturellement sur le plan sans avoir à lever ou baisser exagérément les épaules. Par exemple, si votre coude se situe à 105 cm du sol, une hauteur de plan de travail de 90 à 95 cm sera généralement confortable. La distance entre plan de travail et meuble haut viendra ensuite se greffer sur cette base.

Pour déterminer la hauteur totale du bas du meuble haut, on ajoute simplement la distance choisie (entre 50 et 65 cm selon votre taille et vos préférences) à la hauteur du plan de travail. Avec un plan à 92 cm et un écart de 58 cm, le bas du meuble se trouvera ainsi à 150 cm du sol. Cette méthode, proche des formules de la norme NF X35-104, vous permet de personnaliser votre installation tout en restant dans une fourchette ergonomique. Vous limitez ainsi les flexions inutiles du dos et les extensions répétées des bras, sources fréquentes de fatigue en cuisine.

Ajustements pour les utilisateurs mesurant entre 1,50 m et 2 m

Comment adapter concrètement la distance entre meuble haut et plan de travail lorsque les utilisateurs mesurent entre 1,50 m et 2 m ? Pour une personne de petite taille (autour de 1,50 m), on recommande souvent de réduire l’écart à 50-55 cm afin de garder les rangements facilement accessibles. Dans ce cas, la hauteur du plan de travail sera plutôt positionnée vers le bas de la fourchette (85-88 cm), et les meubles hauts commenceront autour de 135-140 cm du sol. Cela évite de devoir systématiquement utiliser un escabeau pour atteindre la première étagère.

À l’inverse, pour une personne grande (1,85 m à 2 m), on peut augmenter la distance entre plan de travail et meuble haut jusqu’à 60-65 cm, voire un peu plus si la hauteur sous plafond le permet. Le plan de travail sera alors installé vers 94-95 cm, et le bas des meubles hauts pourra se situer à 155-160 cm du sol. Cette configuration libère davantage de volume visuel et offre un confort supérieur pour cuisiner debout sans se sentir « écrasé » par les meubles. Dans un foyer où les tailles sont très variées, le compromis consistera généralement à viser une distance autour de 58-60 cm, tout en réservant les étagères supérieures aux rangements peu utilisés.

Impact du plan de travail réglable sur la distance verticale

Les plans de travail réglables en hauteur, manuellement ou électriquement, se démocratisent dans les cuisines modernes, notamment pour répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite ou des familles aux morphologies contrastées. Mais comment gérer la distance entre meuble haut et plan de travail lorsqu’elle varie au quotidien ? Dans ce cas, on inverse la logique : on fixe d’abord une hauteur de meubles hauts adaptée à la plage d’utilisation la plus fréquente, puis on accepte que la distance varie de quelques centimètres selon la position du plan.

Par exemple, si votre plan de travail réglable oscille entre 80 et 100 cm, il est judicieux de positionner le bas des meubles hauts autour de 145-150 cm du sol. Vous obtiendrez ainsi une distance comprise entre 45 cm (en position basse) et 65 cm (en position haute). Pour conserver une bonne ergonomie, vous pourrez réserver les tâches nécessitant une grande liberté de mouvement (pétrir, découper, cuisiner longtemps) à une position intermédiaire, offrant un écart d’environ 55-60 cm. Comme pour un siège de bureau réglable, c’est en jouant sur ces marges que vous trouvez le réglage qui vous convient le mieux au quotidien.

Ergonomie posturale et prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS)

Une distance mal adaptée entre meuble haut et plan de travail peut, à la longue, favoriser l’apparition de troubles musculo-squelettiques (TMS) : douleurs cervicales, tensions dans les épaules, lombalgies. Lorsque les meubles hauts sont trop bas, vous avez tendance à avancer la tête et à arrondir le dos pour voir ce que vous faites, comme lorsque l’on lit dans une position inconfortable. À l’inverse, s’ils sont trop hauts, vos épaules se soulèvent à chaque fois que vous attrapez un objet, provoquant une sollicitation répétée des muscles et des tendons.

Respecter une distance de 55 à 60 cm, ajustée à votre taille, permet de conserver une posture neutre : dos droit, tête dans l’axe, épaules détendues. Vous réduisez ainsi la fréquence des micro-traumatismes liés aux gestes du quotidien, surtout si vous passez beaucoup de temps à cuisiner. On peut comparer cela au réglage du guidon d’un vélo : trop bas ou trop haut, vous finirez immanquablement par ressentir des douleurs. Bien dimensionner l’espace vertical en cuisine, c’est donc investir dans votre confort et votre santé sur le long terme.

Contraintes techniques liées aux équipements et électroménager encastrables

Au-delà de l’ergonomie pure, la distance entre les meubles hauts et le plan de travail doit aussi composer avec les contraintes des appareils électroménagers encastrables. Hottes, plaques de cuisson, fours, micro-ondes et colonnes techniques imposent des dégagements de sécurité qu’il est impératif de respecter. Ignorer ces prescriptions, c’est prendre le risque de réduire la durée de vie des équipements, voire de créer des situations à risque.

Dégagement minimal pour hotte aspirante selon débit d’extraction

La hotte aspirante occupe une place centrale dans la zone de cuisson et conditionne directement la distance entre meuble haut et plan de travail, notamment au-dessus de la plaque. Les fabricants spécifient généralement une hauteur minimale d’installation comprise entre 50 et 75 cm au-dessus du plan de cuisson, selon le type de hotte (murale, inclinée, intégrée) et son débit d’extraction. Plus la hotte est puissante, plus elle peut être installée légèrement haut, tout en restant efficace pour capter les fumées et les graisses.

Pour une plaque de cuisson située à 90 cm du sol, une hotte installée à 65 cm au-dessus donnera une hauteur de 155 cm, ce qui influe directement sur l’implantation des meubles hauts adjacents. Il convient donc d’anticiper cet élément dès la conception de la cuisine afin d’éviter les conflits de hauteur. Vous veillerez notamment à laisser suffisamment d’espace entre la hotte et les meubles voisins pour faciliter l’entretien et le démontage des filtres. Là encore, se conformer aux distances recommandées par le fabricant de la hotte est essentiel pour garantir une extraction optimale et respecter les normes de sécurité.

Espace requis pour cuisinière gaz versus induction

Le type de plaque de cuisson choisi – gaz, vitrocéramique ou induction – influence également la distance à respecter avec les meubles hauts et la hotte. Pour une cuisinière ou une plaque gaz, la réglementation et les fabricants préconisent généralement une distance minimale de 65 cm entre le dessus des brûleurs et la hotte, en raison de la flamme nue et des températures plus élevées. Certains modèles de meubles hauts doivent même être reculsés ou protégés par des matériaux résistants à la chaleur pour éviter tout risque de déformation ou d’inflammation.

Avec une plaque à induction, la chaleur est plus concentrée sur le fond des récipients, ce qui permet parfois de réduire la distance minimale à 50 cm pour la hotte, selon les préconisations du constructeur. Cela peut sembler anecdotique, mais ces quelques centimètres gagnés facilitent l’implantation harmonieuse des meubles hauts autour de la zone de cuisson, surtout dans les cuisines compactes. Vous pouvez ainsi conserver une distance fonctionnelle de 55 à 60 cm sur le reste du linéaire, tout en adaptant localement la hauteur de la hotte sans compromettre l’esthétique d’ensemble.

Distance de sécurité pour plaques vitrocéramiques et rayonnement thermique

Les plaques vitrocéramiques et, dans une moindre mesure, les plaques à induction émettent un rayonnement thermique vers le haut qui peut affecter les matériaux des meubles hauts si ceux-ci sont trop proches. Pour éviter le jaunissement des façades, la déformation des chants ou le vieillissement prématuré des vernis, il est prudent de respecter un recul suffisant, en complément des indications du fabricant. On veillera notamment à ce que le bas des meubles hauts latéraux ne se situe pas trop près du bord de la plaque, surtout si elle est installée en bout de plan de travail.

Une bonne pratique consiste à conserver au moins 5 à 10 cm de distance horizontale entre le bord de la plaque et le début des meubles hauts ou des joues latérales. Verticalement, on restera dans les fourchettes recommandées pour la hotte, ce qui garantit un espace d’air suffisant pour dissiper la chaleur. Vous évitez ainsi l’effet de « four » autour de la zone de cuisson, tout en préservant l’intégrité des matériaux décoratifs, notamment les laqués et les stratifiés sensibles aux hautes températures.

Zone de protection anti-projections et matériaux de crédence adaptés

L’espace entre plan de travail et meubles hauts constitue aussi la zone de crédence, particulièrement exposée aux projections d’eau et de graisse. Pour qu’elle soit efficace, cette bande doit être entièrement protégée par un matériau adapté : carrelage, verre trempé, inox, stratifié compact, panneau composite, etc. La hauteur classique d’une crédence se situe entre 45 et 60 cm, ce qui correspond précisément à la distance standard entre plan de travail et meubles hauts. Si vous réduisez trop cet écart, vous risquez de ne pas pouvoir installer une crédence de hauteur suffisante, laissant des zones de mur vulnérables.

Le choix du matériau de crédence dépendra de vos priorités : facilité de nettoyage, résistance à la chaleur, budget, esthétique. Dans tous les cas, il doit être posé de manière continue, sans interruption au niveau de la jonction avec les éléments hauts, afin d’éviter les infiltrations et les taches persistantes. On peut comparer cette zone à un pare-brise de voiture : plus il couvre largement l’aire exposée, mieux il protège. En gardant une distance cohérente entre meuble haut et plan de travail, vous vous offrez la possibilité de combiner protections techniques et finitions décoratives sans compromis.

Optimisation de l’éclairage fonctionnel et distance de projection lumineuse

L’éclairage de la cuisine ne se résume plus à un plafonnier central. Pour travailler confortablement, il est indispensable de prévoir un éclairage de plan de travail performant, souvent intégré sous les meubles hauts. La distance entre ces meubles et le plan influe directement sur la qualité de la lumière projetée : trop haut, l’éclairage perd en intensité ; trop bas, il crée des zones d’ombre ou un éblouissement gênant. Trouver le bon équilibre permet de transformer votre plan de travail en véritable poste de travail lumineux et agréable.

Positionnement des réglettes LED sous meubles hauts

Les réglettes ou bandeaux LED sont aujourd’hui la solution la plus courante pour éclairer le plan de travail. Installés sous les meubles hauts, ils profitent de la distance de 55 à 60 cm pour diffuser une lumière homogène sur toute la profondeur du plan (60 à 65 cm). Pour éviter un halo trop concentré au fond du plan de travail, il est recommandé de positionner la source lumineuse à environ 5 à 10 cm du bord avant du meuble haut. Ainsi, le faisceau éclaire à la fois le fond et la partie centrale du plan, là où vous effectuez la majorité de vos gestes.

Un autre point important concerne la continuité de l’éclairage. Lorsque les meubles hauts se succèdent, il est préférable de choisir des réglettes LED en continu ou des modules juxtaposés sans interruption pour éviter les zones sombres entre deux éléments. Vous pouvez aussi opter pour des profils aluminium avec diffuseur opalin, qui adoucissent la lumière et améliorent le confort visuel. Avec un bon dimensionnement de la distance entre meuble haut et plan de travail, ces solutions vous offrent un éclairage de proximité à la fois efficace et discret.

Angle d’éclairage optimal pour éviter les zones d’ombre sur le plan de travail

Lorsque la lumière est mal orientée, votre propre corps peut créer des ombres gênantes sur le plan de travail, surtout si le seul éclairage provient du plafond derrière vous. L’intérêt des luminaires sous meubles hauts est précisément de contourner cet inconvénient. En plaçant la source à la bonne distance du plan et en choisissant un angle de diffusion adapté, vous éclairez la scène de travail « par l’avant », un peu comme un projecteur de théâtre dirigé sur la scène.

La plupart des rubans et réglettes LED offrent un angle de diffusion compris entre 90° et 120°. Associé à une distance de 55 à 60 cm, cet angle permet d’éclairer toute la surface de travail sans créer de halo trop marqué. Si vos meubles hauts sont plus bas ou si la profondeur du plan est supérieure à 65-70 cm, il peut être judicieux de privilégier des luminaires orientables ou des optiques plus larges pour conserver une répartition homogène. Vous limitez ainsi la fatigue visuelle et améliorez la précision des tâches, notamment la découpe ou la pâtisserie.

Température de couleur recommandée entre 4000K et 5000K pour tâches culinaires

La distance entre meuble haut et plan de travail influençant déjà la quantité de lumière reçue, le choix de la température de couleur vient compléter le dispositif. Pour les tâches culinaires, les professionnels recommandent généralement une lumière blanche neutre à légèrement froide, située entre 4000K et 5000K. Ce spectre se rapproche de la lumière du jour et restitue fidèlement les couleurs des aliments, ce qui est précieux pour évaluer la cuisson, la fraîcheur ou la propreté des surfaces.

Associée à un bon niveau de luminosité (au moins 300 à 500 lux sur le plan de travail), cette température de couleur permet de travailler sans effort visuel, même en fin de journée ou dans une cuisine peu exposée à la lumière naturelle. Une distance cohérente entre meuble haut et plan de travail assure que le flux lumineux se répartit correctement, sans avoir à multiplier les sources ou à augmenter exagérément la puissance. Vous obtenez ainsi une cuisine à la fois ergonomique et confortablement éclairée, prête à accueillir toutes vos préparations.

Cas particuliers et configurations spécifiques de cuisines

Toutes les cuisines ne se ressemblent pas, et certaines configurations imposent de s’écarter légèrement des schémas classiques. Studio, cuisine ouverte avec îlot, plafond bas ou au contraire très élevé : chaque cas demande une adaptation fine de la distance entre meuble haut et plan de travail. L’objectif reste toutefois identique : conserver un maximum de fonctionnalité sans sacrifier l’esthétique ni la sécurité.

Distance réduite en cuisine compacte ou kitchenette d’appartement studio

Dans une kitchenette ou une petite cuisine d’appartement, chaque centimètre est précieux. On est parfois tenté de rapprocher au maximum les meubles hauts du plan de travail pour gagner en volume de rangement. Pourtant, descendre en dessous de 45-50 cm peut vite devenir inconfortable, voire dangereux, car vous risquez de vous cogner la tête ou de limiter votre champ de vision sur le plan de travail.

Une solution consiste à conserver une distance minimale de 50 cm tout en optimisant la hauteur des meubles hauts eux-mêmes : préférer des éléments plus hauts, allant presque jusqu’au plafond, ou installer un deuxième niveau de rangements en partie supérieure pour les objets peu utilisés. Vous pouvez également combiner des meubles fermés et des étagères ouvertes pour alléger visuellement l’ensemble. De cette façon, même dans une cuisine compacte, la distance entre meuble haut et plan de travail reste compatible avec une utilisation confortable au quotidien.

Adaptation pour cuisine américaine avec îlot central

Dans une cuisine américaine avec îlot central, la configuration change : une partie du plan de travail ne dispose pas de meubles hauts au-dessus, ce qui libère la vue et accentue l’impression d’espace. Comment gérer alors la distance entre les quelques meubles hauts restants et le plan de travail contre le mur ? L’enjeu est de trouver une cohérence visuelle entre les différentes zones tout en tenant compte des fonctions de chacune.

On maintiendra en général la distance standard de 55 à 60 cm sur le linéaire mural, en intégrant éventuellement une hotte décorative ou un meuble pont au-dessus de la plaque. Sur l’îlot, l’absence de meubles hauts permet d’augmenter la hauteur de certains plans (bar, snack) sans contrainte, ou d’installer une hotte suspendue à une hauteur confortable. L’important est de veiller à ce que la ligne horizontale formée par le bas des meubles hauts muraux soit alignée avec les éléments verticaux de l’îlot (joues, colonnes), pour une esthétique harmonieuse. Vous créez ainsi un dialogue cohérent entre les différentes parties de la cuisine, malgré des hauteurs d’éléments différentes.

Solutions pour plafonds bas inférieurs à 2,40 m de hauteur

Les plafonds bas, fréquents dans certains logements anciens ou petites surfaces, compliquent parfois l’installation des meubles hauts. Si la hauteur sous plafond est inférieure à 2,40 m, vous devez jongler entre une distance confortable au-dessus du plan de travail et un espace suffisant en haut du meuble pour la ventilation, les éventuels spots intégrés ou simplement pour éviter une sensation d’écrasement. Dans ces situations, la tentation est grande de réduire la distance entre meuble haut et plan de travail à moins de 50 cm.

Pour conserver une bonne ergonomie, il est préférable de jouer sur la hauteur des meubles plutôt que de trop réduire l’écart. Par exemple, opter pour des meubles de 60 à 70 cm de haut plutôt que 90 cm, tout en maintenant un espace de 50-55 cm au-dessus du plan de travail. Vous pouvez également laisser un léger vide en partie haute, qui servira de zone décorative ou de passage de câbles pour l’éclairage. Une autre option consiste à supprimer certains meubles hauts au profit d’étagères ouvertes, plus légères visuellement, tout en conservant une distance fonctionnelle pour travailler sans gêne.

Erreurs courantes d’installation et solutions correctives post-pose

Malgré toutes les précautions, il arrive que la distance entre meubles hauts et plan de travail ne soit pas idéale une fois la cuisine posée. Erreur de prise de cotes, mur pas tout à fait droit, changement de plan de travail en cours de chantier… les imprévus sont fréquents. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe souvent des solutions correctives pour améliorer la situation sans tout refaire.

Parmi les erreurs courantes, on retrouve les meubles hauts installés trop bas, qui gênent la vision et le passage, ou au contraire trop hauts, rendant les rangements peu accessibles. Dans le premier cas, si la différence est faible (2 à 3 cm), il est parfois possible de rehausser légèrement les meubles en jouant sur les systèmes de fixation ou en ajoutant une lisse murale supplémentaire. Dans le second cas, des accessoires intérieurs type étagères coulissantes, paniers escamotables ou systèmes de descente peuvent compenser partiellement une hauteur trop importante, en rapprochant le contenu du meuble de votre zone de préhension.

Autre source d’erreur : l’oubli de l’épaisseur réelle du plan de travail ou de la crédence, qui réduit la distance disponible sous les meubles hauts. Si le plan est plus épais que prévu (par exemple 4 cm au lieu de 2 cm), l’écart peut se trouver diminué d’autant. La solution consiste parfois à retoucher la pose des meubles hauts ou à choisir une crédence moins épaisse. Vous pouvez aussi compenser visuellement en optant pour une crédence plus claire et un éclairage plus puissant sous les meubles, afin d’atténuer la sensation de « plafond bas ».

Enfin, certains oublient de tenir compte des équipements intégrés (hotte, micro-ondes, éclairage) qui viennent empiéter sur l’espace utile. Si l’appareil installé descend plus bas que prévu, vous pouvez parfois remplacer le modèle par une version plus compacte ou inclinée, ou repositionner légèrement les éléments alentour. Dans tous les cas, n’hésitez pas à faire appel à un cuisiniste ou un artisan pour évaluer les marges de manœuvre. Une intervention ciblée sur quelques centimètres peut suffire à transformer une cuisine inconfortable en espace vraiment agréable à vivre, sans remettre en cause l’ensemble de votre aménagement.